Les coulées en natation : gagner du temps sans nager
Après le plongeon et après chaque virage, le nageur glisse sous l'eau avant de reprendre sa nage. Bien faite, la coulée est le moment le plus rapide de la longueur. Position, ondulations, règle des 15 mètres : le mode d'emploi.
La coulée est la phase sous-marine qui suit le plongeon ou la poussée au mur. On y avance plus vite qu'en nageant : sous la surface, le corps ne fabrique pas de vagues, et il profite de l'élan du départ ou du virage. La négliger, c'est perdre du temps à chaque longueur.
1. La position en flèche
Tout part de la position du corps, la plus fine possible :
- Les bras tendus devant, une main posée sur l'autre.
- Les biceps serrés contre les oreilles, la tête rentrée entre les bras, le regard vers le fond.
- Le ventre gainé, les jambes serrées, les pointes de pied tendues.
Un bon test : poussez-vous du mur sans aucun mouvement et regardez où vous vous arrêtez. Chaque défaut de position se paie en mètres.
2. La bonne profondeur
Poussez-vous sous la surface, à 50 centimètres ou un mètre de profondeur : c'est là que l'eau freine le moins. Trop près de la surface, on est ralenti par ses propres remous ; trop profond, on perd du temps à remonter. La remontée se fait en pente douce, sans relever la tête.
3. Les ondulations
En crawl, en dos et en papillon, on prolonge la glisse par des ondulations : un mouvement de vague qui part de la poitrine, passe par le bassin et se termine par un coup de fouet des deux pieds joints. Quelques repères :
- Le mouvement est petit et rapide plutôt qu'ample et lent.
- Les bras et la tête restent immobiles : seul le bas du corps ondule.
- On commence les ondulations quand la vitesse de la poussée commence à baisser, pas avant.
Les meilleurs nageurs parcourent ainsi plus de dix mètres après chaque mur. Pour un nageur de club ou de loisir, trois à cinq ondulations efficaces suffisent déjà à faire la différence.
4. La règle des 15 mètres
En compétition, la coulée est limitée. En nage libre, en dos et en papillon, la tête doit avoir coupé la surface au plus tard à 15 mètres du mur, après le départ comme après chaque virage. Un repère de couleur sur les lignes d'eau marque cette distance. Au-delà, le nageur est disqualifié.
5. Le cas particulier de la brasse
En brasse, pas d'ondulations libres. La coulée suit un enchaînement précis, appelé coulée de brasse :
- une glisse en flèche ;
- une grande traction des bras jusqu'aux cuisses, pendant laquelle un seul battement en ondulation est autorisé ;
- un retour des bras le long du corps, puis un ciseau de brasse pour remonter.
La tête doit couper la surface avant que les mains ne se tournent vers l'intérieur lors du deuxième mouvement de bras.
6. La reprise de nage
C'est le moment où l'on gâche le plus souvent sa coulée. Les erreurs à éviter :
- Relever la tête pour respirer dès la sortie : le corps se met à plat et freine. En crawl, faites au moins deux ou trois mouvements de bras avant la première respiration.
- Sortir trop tard, quand la vitesse est déjà retombée sous celle de la nage.
- Sortir à l'arrêt : le premier mouvement de bras doit commencer juste avant que la tête ne perce la surface.
7. Trois exercices pour progresser
- La flèche : poussée au mur sans mouvement, le plus loin possible. Notez votre repère et essayez de le dépasser.
- Les ondulations sur 10 à 15 mètres, sur le ventre, sur le dos puis sur le côté, avec ou sans palmes.
- Le compte fixe : imposez-vous le même nombre d'ondulations après chaque virage pendant toute une série, même fatigué.
Pour aller plus loin, voyez notre article sur les quatre nages et celui sur le déroulement d'une compétition.