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Les nœuds marins indispensables : chaise, huit, cabestan et taquet

Six nœuds suffisent pour presque tout faire à bord. Le nœud de chaise, le nœud en huit, le cabestan, le tour mort et deux demi-clés, le nœud d'écoute et le tour de taquet : à quoi ils servent et comment les faire, sans les confondre.

Les nœuds marins indispensables : chaise, huit, cabestan et taquet
Photo : V1adis1av / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Un bon nœud marin tient sous la charge et se défait facilement, même après avoir été mouillé et tendu toute la journée. Inutile d'en connaître des dizaines : une poignée de nœuds, faits sans réfléchir, suffit à la plupart des situations.

1. Le nœud en huit : pour que rien ne s'échappe

C'est un nœud d'arrêt, que l'on fait au bout des écoutes et des drisses pour qu'elles ne sortent pas des poulies. Il se fait en formant une boucle, en passant le bout derrière le dormant, puis dans la boucle : il prend la forme d'un 8. Il se défait facilement, même après avoir forcé.

2. Le nœud de chaise : la boucle qui ne glisse pas

C'est le roi des nœuds. Il forme une boucle fixe, qui ne se resserre pas sous la charge, au bout d'un cordage : pour frapper une écoute sur le point d'écoute d'un foc, passer une amarre autour d'un pieu, ou faire une boucle de sécurité.

La méthode, avec le moyen mnémotechnique bien connu : formez une petite boucle sur le dormant, le « terrier ». Le bout, le « lapin », sort du terrier, fait le tour de l'arbre, c'est-à-dire du dormant, et rentre dans le terrier. Serrez en tirant sur la boucle et le dormant.

Son avantage : il se défait d'une simple pression, même après avoir été très tendu.

3. Le nœud de cabestan : le plus rapide

Deux tours croisés autour d'un pieu, d'un chandelier ou d'une filière : le cabestan se fait en quelques secondes. Il sert à suspendre une défense le long du bord ou à fixer temporairement un cordage. Attention, il peut glisser s'il n'est pas sous tension constante : on le sécurise souvent par une demi-clé.

4. Le tour mort et deux demi-clés : l'amarrage solide

On fait un tour complet autour de l'anneau ou du pieu, ce qui reprend la charge, puis deux demi-clés autour du dormant. Il sert à amarrer un bateau à un anneau ou à fixer une ligne durablement. Il se défait sous tension, ce qui est précieux pour un amarrage.

5. Le nœud d'écoute : relier deux cordages

Pour rabouter deux cordages, surtout s'ils sont de diamètres différents, le nœud d'écoute est plus sûr que le nœud plat. On forme une boucle avec le plus gros cordage, puis le plus fin passe dans la boucle, en fait le tour et se coince sous lui-même. Doublé, avec un tour de plus, il tient encore mieux.

6. Le tour de taquet : amarrer au ponton

Sur un taquet, on fait d'abord un tour complet à la base, puis des tours croisés en huit, et on termine par une clé retournée qui bloque le tout. Erreur fréquente : multiplier les huit et les clés. Un tour, deux huit et une clé suffisent, et le cordage doit pouvoir être largué rapidement.

7. Et le nœud plat ?

Il sert à prendre un ris, pour nouer les garcettes autour de la bôme. Mais il est dangereux pour relier deux cordages sous charge : il peut glisser ou se transformer. Réservez-le à cet usage.

8. Les bonnes habitudes

  • Laissez toujours un bout suffisant, une dizaine de centimètres, après le nœud.
  • Serrez le nœud avant de le mettre en charge.
  • Vérifiez les nœuds importants, comme celui des écoutes, avant chaque sortie.
  • Lovez les cordages, c'est-à-dire enroulez-les proprement, pour qu'ils filent sans s'emmêler.

9. Comment les retenir ?

Un nœud s'apprend avec les mains, pas avec les yeux. Gardez un bout de cordage d'un mètre près de vous et refaites chaque nœud jusqu'à pouvoir le faire les yeux fermés, puis d'une seule main, puis autour de votre propre taille pour la chaise. À bord, le jour où il faudra le faire vite, sous la pluie et avec un bateau qui bouge, il viendra tout seul.

Pour aller plus loin, voyez nos articles pour débuter la voile et lire la météo marine.

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