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Coinceurs d'escalade : câblés, excentriques et coinceurs à cames

Là où le rocher n'est pas équipé, le grimpeur pose lui-même ses protections dans les fissures, et les retire en passant. Coinceurs câblés, excentriques, coinceurs à cames : comment ils tiennent, par quoi commencer, et pourquoi leur pose s'apprend.

Coinceurs d'escalade : câblés, excentriques et coinceurs à cames
Photo : Laurel F from Seattle, WA / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Un coinceur est une protection amovible : on le place dans une fissure ou un trou du rocher, on y passe la corde, et le second le récupère. Il ne laisse aucune trace. C'est le matériel du terrain d'aventure et de l'alpinisme rocheux, et un complément utile dans certaines grandes voies équipées.

1. Les coinceurs câblés

Un petit bloc de métal en forme de coin, serti sur un câble d'acier. On le glisse dans une fissure, au-dessus d'un rétrécissement : tiré vers le bas, il se verrouille.

  • Simples, légers, peu coûteux, très solides quand ils sont bien placés.
  • Ils existent en une dizaine de tailles, de quelques millimètres à trois centimètres environ.
  • Ils demandent une fissure qui se resserre, et ne tiennent que dans la direction prévue.

C'est la base de tout jeu de coinceurs.

2. Les excentriques

Des coinceurs passifs plus gros, de section hexagonale irrégulière, montés sur câble ou sur cordelette. Ils se coincent comme un câblé, ou travaillent par rotation : la traction les fait pivoter et les plaque contre les parois. Ils protègent les fissures larges à moindre coût et à moindre poids.

3. Les coinceurs à cames

Souvent appelés « friends », du nom du premier modèle commercialisé à la fin des années 1970. Trois ou quatre cames montées sur un axe s'écartent sous l'effet d'un ressort. On les rétracte avec une gâchette, on glisse l'appareil dans la fissure, on relâche.

  • Sous la traction, les cames s'ouvrent et pressent d'autant plus fort contre le rocher.
  • Ils tiennent dans les fissures à bords parallèles, où un câblé ne tient pas.
  • Ils se posent et se retirent d'une main, vite.
  • Chaque taille couvre une plage de largeurs, repérée par une couleur.

Leurs limites : le prix, le poids, et une tenue incertaine dans le rocher friable, mouillé, gelé ou très lisse.

4. Le décoinceur

Une tige plate à crochet, que le second porte au baudrier. Elle sert à déloger un câblé verrouillé par une chute, ou à atteindre la gâchette d'un coinceur à cames enfoncé trop loin. Indispensable, sous peine de laisser du matériel dans la voie.

5. Par quoi commencer ?

  • Un jeu de câblés, une dizaine de tailles.
  • Un décoinceur.
  • Puis trois ou quatre coinceurs à cames dans les tailles moyennes, celles des fissures où l'on glisse les doigts ou la main.
  • Des sangles et des dégaines longues, pour rallonger les protections et éviter que la corde ne les arrache en les faisant bouger.

Le jeu se complète ensuite selon le rocher : le granit et le grès, riches en fissures franches, n'appellent pas le même matériel que le calcaire.

6. La pose s'apprend

Un coinceur ne vaut que par son placement, et rien ne ressemble plus à un bon placement qu'un mauvais. Quelques principes :

  • un rocher sain : pas d'écaille qui sonne creux, pas de bloc posé ;
  • un maximum de surface en contact ;
  • un placement dans l'axe de la chute prévisible ;
  • pour les cames, une ouverture moyenne : ni presque fermées, où l'on ne pourra plus le retirer, ni presque ouvertes, où il ne tient plus ;
  • une protection rallongée, pour que les mouvements de la corde ne la délogent pas.

On apprend au sol, en testant ses placements, puis en second derrière un grimpeur expérimenté, en observant et en retirant ses protections. On ne part en tête en terrain d'aventure qu'après cet apprentissage, dans des voies très en dessous de son niveau. Les clubs, les guides et les moniteurs proposent des stages.

Notre sélection

Quel modèle choisir selon votre profil ?

La base

Jeu de coinceurs câblés

Une dizaine de tailles sur câble, pour les fissures qui se resserrent.

  • Légers
  • Peu coûteux
Budget indicatif70 à 120 € Voir sur Amazon
Fissures parallèles

Coinceur à cames

Un coinceur mécanique qui se pose et se retire d'une main.

  • Pose rapide
  • Large plage d'ouverture
Budget indicatif60 à 110 € Voir sur Amazon
Pour le second

Décoinceur

La tige à crochet qui permet de récupérer un coinceur verrouillé.

  • Léger
  • Se porte au baudrier
Budget indicatif10 à 20 € Voir sur Amazon

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7. L'entretien

  • Les câbles : un brin cassé ou une pliure marquée imposent le remplacement.
  • Les coinceurs à cames : on nettoie les axes à l'eau, on lubrifie légèrement, on vérifie que les cames reviennent franchement. Leur sangle vieillit comme toute sangle : les fabricants proposent de la remplacer.
  • Un coinceur qui a retenu une grosse chute est inspecté de près.

8. Quel budget ?

  • Coinceur câblé : 8 à 15 euros pièce ; 70 à 120 euros le jeu de dix.
  • Excentrique : 12 à 25 euros pièce.
  • Coinceur à cames : 60 à 110 euros pièce.
  • Décoinceur : 10 à 20 euros.

Pour comprendre où ce matériel s'emploie, lisez la grande voie : l'escalade en plusieurs longueurs.

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