Sécurité en ski de randonnée : bulletin d'avalanche, DVA et bons réflexes
Le risque d'avalanche ne se supprime pas, il se gère. Lire le bulletin d'estimation du risque, préparer son itinéraire, porter et maîtriser le trio DVA-pelle-sonde, savoir renoncer : les réflexes qui font la différence.
Chaque hiver, les avalanches font des victimes parmi les pratiquants de la montagne, souvent des skieurs expérimentés. Aucune règle ne garantit le risque zéro, mais une démarche rigoureuse réduit fortement l'exposition et augmente les chances de survie en cas d'accident. Cet article présente les bases ; il ne remplace pas une formation pratique, proposée par les clubs de montagne, les guides et l'ANENA (Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches).
1. Avant de partir : le bulletin d'avalanche
En France, Météo-France publie chaque jour de l'hiver le bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BERA) pour chaque massif. Il indique un niveau de risque sur une échelle européenne de 1 à 5 :
| Niveau | Risque | En pratique |
|---|---|---|
| 1 | Faible | Conditions généralement favorables, prudence sur les pentes très raides. |
| 2 | Limité | Des déclenchements restent possibles sur certaines pentes, décrites dans le bulletin. |
| 3 | Marqué | Conditions délicates : une grande partie des accidents mortels survient à ce niveau. Expérience indispensable. |
| 4 | Fort | Déclenchements probables, même par un seul skieur, sur de nombreuses pentes. Randonnée déconseillée hors terrain très peu raide. |
| 5 | Très fort | Nombreuses avalanches spontanées. On reste à la maison. |
Au-delà du chiffre, lisez tout le bulletin : les orientations et altitudes les plus dangereuses, le type de problème (neige fraîche, plaques à vent, neige humide…), l'évolution dans la journée. Consultez aussi la météo et l'enneigement récent.
2. Préparer son itinéraire
- Choisissez une course adaptée au niveau du groupe et aux conditions, avec une carte au 1:25 000 et un topo récent.
- Repérez les pentes raides (au-delà de 30° environ, le déclenchement devient possible), les zones sous des pentes chargées, les couloirs.
- Prévoyez des alternatives et des points de renoncement.
- Prévenez quelqu'un de votre itinéraire et de votre heure de retour.
3. Le trio DVA, pelle, sonde
Chaque membre du groupe porte un DVA (détecteur de victimes d'avalanche) allumé en émission, une pelle et une sonde. Ce n'est pas une option : si quelqu'un est enseveli, ses compagnons sont ses meilleures chances, car les chances de survie diminuent très vite après les 15 premières minutes. Tous les DVA émettent sur la même fréquence (457 kHz), quelle que soit la marque.
Le matériel ne sert à rien sans entraînement : exercez-vous en début de saison, dans un parc à DVA ou en groupe. Voir notre guide du trio DVA-pelle-sonde.
4. Sur le terrain : les bons réflexes
- Test DVA au départ : chacun vérifie que son appareil émet et que celui des autres est reçu.
- Dans les pentes suspectes, espacez-vous (une personne à la fois dans le passage exposé), à la montée comme à la descente.
- Observez : avalanches récentes, fissures, bruits sourds (« whoum ») sont des signaux d'alarme.
- Savoir renoncer : la montagne sera toujours là. Beaucoup d'accidents surviennent quand un groupe s'entête à atteindre un objectif.
5. En cas d'avalanche
- Suivre des yeux la victime et repérer le point de disparition.
- S'assurer qu'aucune autre avalanche ne menace, puis alerter (112) si possible sans retarder la recherche.
- Tous les DVA passent en réception, recherche organisée, sondage, puis pelletage efficace.
À retenir
Lire le BERA et la météo, choisir un itinéraire adapté, porter le trio DVA-pelle-sonde et s'entraîner à s'en servir, s'espacer dans les pentes exposées et savoir renoncer. Pour aller plus loin, suivez une formation : c'est le meilleur investissement du randonneur.