Ski de randonnée · Guide d'achat

Crampons et piolet en ski de randonnée : s'équiper pour les couloirs

Quand la pente se redresse et que la neige durcit, on quitte les skis pour les porter sur le sac. Crampons en aluminium ou en acier, piolet léger, compatibilité avec les chaussures, casque : le matériel pour les couloirs et les arêtes, et ses limites.

Crampons et piolet en ski de randonnée : s'équiper pour les couloirs
Photo : Fuchs Robert / Wikimedia Commons, CC BY 3.0

Un couloir, une arête finale, une pente regelée au petit matin : il arrive un moment où les peaux et les couteaux ne suffisent plus. On met les skis sur le sac et on monte à pied, crampons aux pieds et piolet à la main. C'est le début du ski-alpinisme au sens propre.

Ce guide présente le matériel. La technique de cramponnage, l'arrêt d'une glissade et l'assurage s'apprennent sur le terrain, avec un guide ou un club.

1. Quand faut-il des crampons ?

  • Sur neige dure ou gelée en pente soutenue, dès que les couteaux ne tiennent plus.
  • Dans un couloir trop raide ou trop étroit pour faire des conversions.
  • Sur une arête ou un passage rocheux enneigé.
  • Sur glacier, où ils font partie de l'équipement de base.

Au printemps, quand la neige a regelé pendant la nuit, il est prudent de les avoir dans le sac pour toute course qui dépasse la randonnée facile.

2. Crampons en aluminium ou en acier ?

  • En aluminium : ils pèsent de 350 à 600 grammes la paire, moitié moins que l'acier. Ils conviennent à la neige, même dure. Leurs pointes s'émoussent vite sur le rocher et ne mordent pas bien dans la glace vive.
  • En acier : plus lourds, de 700 grammes à un kilo, mais leurs pointes tiennent dans la glace et supportent le rocher. Ils s'imposent en terrain mixte et pour les courses glaciaires sérieuses.
  • Les modèles mixtes : avant en acier, talon en aluminium. Un bon compromis pour le ski-alpinisme.

Pour le skieur de randonnée qui les sort quelques fois par saison dans des couloirs de neige, l'aluminium est le choix logique.

3. La fixation : à accorder avec ses chaussures

  • Automatique : un étrier métallique à l'avant, une talonnière à levier à l'arrière. Il faut une chaussure avec des débords marqués à l'avant et à l'arrière, ce qui est le cas de la plupart des chaussures de ski de randonnée.
  • Semi-automatique : un panier souple à l'avant, une talonnière à l'arrière. Plus tolérant quand le débord avant est réduit ou absent, ce qui arrive sur les chaussures très légères.

Essayez les crampons sur vos chaussures avant d'acheter, et réglez-les à la maison : le crampon doit tenir sur la chaussure avant même de fermer la sangle. Certains crampons ultralégers se fixent dans les inserts de la chaussure et ne sont compatibles qu'avec certains modèles.

4. Dix pointes, antibottes, barrette

  • Dix pointes suffisent pour la neige ; les modèles à douze pointes sont faits pour la glace et le raide.
  • Les antibottes sont indispensables : ces plaques souples sous le crampon empêchent la neige humide de s'accumuler en sabot, ce qui supprime toute accroche.
  • La barrette qui relie l'avant et l'arrière doit pouvoir se régler à la longueur de votre semelle. Sur les modèles les plus légers, elle est remplacée par une sangle : plus compact, moins rigide.

5. Le piolet

En ski de randonnée, le piolet sert d'appui dans la pente, d'ancrage dans le raide, et à s'arrêter en cas de glissade.

  • Le poids : un piolet léger pèse de 200 à 400 grammes. Les plus légers ont une tête en aluminium, suffisante dans la neige mais peu efficace dans la glace ; une lame en acier est préférable dès que le terrain durcit.
  • La longueur : 45 à 55 centimètres. Plus court qu'un piolet de marche, il se range sur le sac sans dépasser et s'utilise bien dans le raide.
  • La forme : un manche droit ou légèrement courbé, une panne pour tailler une marche.
  • La norme : les piolets sont classés en type 1 (ou B, pour la randonnée et la neige) et type 2 (ou T, plus résistants, pour l'alpinisme technique). Le type 1 convient à cet usage.

Dans un couloir très raide, certains utilisent deux piolets. On sort alors du cadre de ce guide.

6. Porter ses skis sur le sac

  • En A : un ski de chaque côté du sac, spatules réunies par une sangle au-dessus de la tête. Stable, mais les talons peuvent buter contre les mollets.
  • En diagonale : les deux skis ensemble, en travers du dos. Plus rapide à installer, pratique pour un portage court.

Vérifiez que votre sac a les sangles prévues, ainsi qu'un porte-piolet. Voyez notre guide sur le sac à dos de ski de randonnée.

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Quel modèle choisir selon votre profil ?

Pour la neige

Crampons légers en aluminium

Dix pointes, antibottes et fixation automatique ou semi-automatique : le crampon du skieur de randonnée.

  • Moitié moins lourds que l'acier
  • Compacts dans le sac
Budget indicatif100 à 180 € Voir sur Amazon
Dans la pente

Piolet léger de ski-alpinisme

Court et léger, de préférence avec une lame en acier, de type 1.

  • 200 à 400 grammes
  • Se range sur le sac
Budget indicatif70 à 140 € Voir sur Amazon
Protection

Casque ski et alpinisme (double norme)

Homologué pour le ski et pour l'alpinisme : un seul casque pour la montée du couloir et la descente.

  • Double homologation
  • Léger et ventilé
Budget indicatif90 à 180 € Voir sur Amazon

Liens d'affiliation Amazon : si vous achetez via ces liens, GuideSportif perçoit une commission, sans surcoût pour vous. Les prix sont des fourchettes constatées, susceptibles d'évoluer.

7. Le casque, et le reste

  • Un casque : dans un couloir, les chutes de pierres et de glace viennent d'en haut, et la chute se termine souvent contre les bords. Il existe des casques homologués à la fois pour le ski et pour l'alpinisme.
  • Le trio DVA, pelle, sonde : un couloir est une pente à avalanche.
  • Selon la course : baudrier léger, corde, quelques mousquetons.

8. Les précautions

  • Chaussez les crampons avant d'en avoir besoin, sur un replat, pas au milieu de la pente.
  • Les conditions font tout : un couloir en bonne neige le matin peut devenir dangereux quelques heures plus tard, avec le réchauffement. On part tôt et on respecte un horaire.
  • On ne monte pas sous une autre cordée quand on peut l'éviter.
  • Ce que l'on monte, il faut le redescendre : la pente doit être à votre niveau à skis, ou redescendue à pied.

Pour vous organiser, voyez comment préparer sa sortie, et nos conseils pour le ski de randonnée au printemps.

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