Le tir en biathlon : carabine, cibles, couché et debout
Cinq balles, cinq cibles à 50 mètres, le cœur à plus de 170 battements par minute. Comment tire-t-on après un tel effort ? La carabine, les cibles, les deux positions et ce qui fait un bon tireur.
Le ski fait la vitesse, le tir fait le classement. Un biathlète passe une trentaine de secondes sur le pas de tir : c'est peu, et c'est là que se gagnent et se perdent la plupart des courses.
1. La carabine
- Elle tire du 22 Long Rifle, un petit calibre de 5,6 millimètres.
- Elle pèse au moins 3,5 kilos et se porte sur le dos, canon vers le haut, grâce à un harnais.
- Elle se recharge à la main entre chaque balle, d'un geste du doigt ou du pouce : il n'y a pas de tir automatique.
- Les balles sont rangées dans des chargeurs de cinq, fixés sur la crosse.
- La visée se fait à l'œil nu, à travers un œilleton et un guidon : aucune lunette grossissante n'est autorisée.
La crosse est taillée sur mesure pour chaque athlète, souvent en bois.
2. Les cibles
- Elles sont à 50 mètres, par rangées de cinq.
- Au tir couché, la zone à toucher mesure 45 millimètres de diamètre.
- Au tir debout, elle mesure 115 millimètres.
- Quand la balle touche, un volet blanc recouvre le disque noir.
3. Le tir couché
C'est la position la plus stable : le biathlète s'allonge sur un tapis, les coudes au sol, la carabine tenue par une bretelle accrochée au bras. La cible est petite, mais les meilleurs la manquent rarement. La difficulté vient surtout du vent, qui dévie la balle : avant de tirer, le biathlète regarde les fanions du pas de tir et corrige sa visée de quelques crans.
4. Le tir debout
Sans appui, avec les jambes qui tremblent et le souffle court, la carabine bouge sans cesse. Le tireur ne cherche pas à l'immobiliser : il laisse la visée passer sur la cible et lâche la balle au bon moment. C'est là que se produisent le plus de fautes, et c'est toujours par un tir debout que se terminent les courses.
5. Tirer après l'effort
- Dans les derniers mètres avant le pas de tir, le biathlète ralentit légèrement pour faire redescendre son rythme cardiaque.
- Il règle sa respiration : chaque balle part pendant une courte pause du souffle.
- Il tire à un rythme régulier, une balle toutes les deux ou trois secondes pour les plus rapides.
Un tir complet, de l'arrivée sur le tapis au départ, prend de vingt à trente-cinq secondes. Tirer vite fait gagner du temps ; tirer trop vite coûte une cible.
6. Ce que coûte une faute
- Un tour d'anneau de pénalité de 150 mètres, dans la plupart des courses.
- Une minute de pénalité dans l'individuel.
- En relais, une balle de pioche à charger à la main, soit quelques secondes, puis l'anneau si les trois pioches ne suffisent pas.
Tous les formats sont détaillés dans les règles du biathlon.
7. Lire les statistiques de tir
À la télévision, le tir se résume en chiffres : « 0+1 » signifie aucune faute au premier tir, une au second. « 20 sur 20 » désigne un sans-faute sur quatre tirs. Sur une saison, les meilleurs tireurs dépassent 90 % de réussite.
8. Et pour les débutants ?
On n'apprend pas à tirer avec une carabine à balles. Les jeunes commencent à 10 mètres, avec une carabine laser ou à air comprimé. Voyez débuter le biathlon.