Le descendeur en huit : à quoi sert-il encore ?
Longtemps présent sur tous les baudriers, le « huit » a cédé la place aux tubes et aux assureurs à freinage assisté. Il garde pourtant ses usages. Comment il fonctionne, ses qualités, ses défauts, et pour qui il reste un bon choix.
Le huit est une pièce d'aluminium forgé en forme de chiffre 8 : un grand anneau, un petit. Aucune pièce mobile, rien qui puisse tomber en panne. C'est le plus simple des descendeurs.
1. Comment ça marche ?
On passe une boucle de corde dans le grand anneau, puis autour du col qui sépare les deux anneaux. Le petit anneau est relié au baudrier par un mousqueton à verrouillage. La corde frotte sur le métal : en la tenant vers le bas, d'une main, on dose la vitesse de descente.
2. Ses qualités
- La simplicité : on voit d'un coup d'œil si le montage est correct.
- La polyvalence : il accepte presque tous les diamètres, un brin ou deux, des cordes mouillées, gelées ou boueuses.
- Une descente fluide et bien dissipée : sa grande surface évacue la chaleur.
- Le prix et la solidité.
3. Ses défauts
- Il vrille la corde. Le trajet en S la fait tourner sur elle-même : après quelques rappels, elle forme des boucles et s'emmêle. C'est son principal défaut.
- Il ne bloque rien : si l'on lâche la corde, on tombe. Il s'utilise avec un autobloquant en rappel.
- Il freine peu sur les cordes fines et récentes.
- Il faut le décrocher du mousqueton pour y passer la corde : c'est à ce moment qu'on le laisse tomber.
- La boucle de corde peut remonter et se bloquer en tête d'alouette sur le grand anneau. Certains modèles ont des oreilles pour l'empêcher.
4. Pour assurer ? Plus vraiment
On assurait autrefois au huit. Ce n'est plus conseillé : le freinage est faible, la corde vrille, et les tubes comme les appareils à freinage assisté font mieux pour le même encombrement. Voyez notre guide des systèmes d'assurage.
5. Où le huit reste utile
- En canyon, où l'on descend sur corde mouillée, avec des montages qui permettent de régler le freinage et de se débloquer sous une cascade. C'est son terrain de prédilection.
- En spéléologie et en secours, pour certaines manœuvres.
- En initiation au rappel, pour sa lisibilité.
- Comme descendeur de dépannage, dans le fond du sac.
En escalade sportive et en grande voie, la plupart des grimpeurs descendent aujourd'hui sur leur tube, qui ne vrille pas la corde.
6. Les précautions
- Toujours un mousqueton à verrouillage, vérifié fermé.
- En rappel, un autobloquant et des nœuds en bout de corde.
- Attention aux cheveux longs et aux vêtements flottants, que l'appareil avale.
- Après une longue descente, le métal est brûlant.
La technique du rappel est détaillée dans relais et rappel : les manœuvres de la grande voie.
Quel modèle choisir selon votre profil ?
Descendeur en huit
Un descendeur simple et robuste, sans pièce mobile, pour le rappel.
- Tous diamètres
- Petit prix
Mousqueton à vis
Le mousqueton à verrouillage qui relie le descendeur au baudrier.
- Verrouillage à vis
- Forme poire
Anneau de cordelette
Un anneau cousu ou noué, pour confectionner l'autobloquant du rappel.
- Léger
- Indispensable en rappel
Liens d'affiliation Amazon : si vous achetez via ces liens, GuideSportif perçoit une commission, sans surcoût pour vous. Les prix sont des fourchettes constatées, susceptibles d'évoluer.
7. Bien le choisir
- La taille : un grand huit freine moins mais chauffe moins ; un petit convient aux cordes fines.
- La forme : classique, à oreilles, ou carrée pour limiter le vrillage.
- Vérifiez la plage de diamètres de corde indiquée par le fabricant.
On le remplace quand la corde a creusé une gorge marquée dans le métal, ou après une chute de haut sur du rocher.
8. Quel budget ?
- Huit classique : 10 à 20 euros.
- Huit à oreilles ou de canyon : 20 à 35 euros.