Patinage artistique · Comprendre

La notation en patinage artistique expliquée : score technique, composantes, GOE

Pourquoi un patineur qui chute peut-il gagner ? Que signifient les chiffres qui s'affichent à l'écran ? Score technique, GOE, composantes, déductions : le système de jugement expliqué simplement.

La notation en patinage artistique expliquée : score technique, composantes, GOE
Photo : Aude Mugnier / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le 6.0 d'autrefois a disparu depuis 2004. Aujourd'hui, chaque geste rapporte des points, et la note finale est une addition. Une fois le principe compris, les écrans deviennent lisibles.

1. Deux programmes

  • Le programme court dure un peu moins de trois minutes. Ses éléments sont imposés : un nombre fixé de sauts, de pirouettes et une suite de pas.
  • Le programme libre dure environ quatre minutes. Le patineur y choisit ses éléments, dans des limites fixées par le règlement.

Les deux notes s'additionnent. En danse sur glace, on parle de danse rythmique et de danse libre.

2. Deux notes par programme

  • Le score technique : ce que le patineur a fait.
  • Le score des composantes : la manière dont il a patiné.

On retire ensuite les éventuelles déductions.

3. Le score technique

Chaque élément a une valeur de base, inscrite dans un barème : plus il est difficile, plus il vaut. Un triple axel vaut plus qu'un double, un quadruple encore davantage.

Les juges y ajoutent ou en retirent des points selon la qualité d'exécution : c'est le GOE, une note qui va de -5 à +5.

  • Un saut haut, bien tenu à la réception, intégré à la musique : GOE positif.
  • Une réception déséquilibrée, une main posée sur la glace : GOE négatif.
  • Une chute : GOE de -5.

Un panel technique, distinct des juges, identifie chaque élément, vérifie le nombre de tours et attribue un niveau, de 1 à 4, aux pirouettes et aux suites de pas.

4. Les rotations incomplètes

Un saut dont le dernier tour n'est pas terminé en l'air est signalé par le panel technique. Selon qu'il manque un quart de tour, ou davantage, sa valeur est réduite. S'il manque plus d'un demi-tour, le saut est déclassé : un triple est compté comme un double. C'est ce que l'on vérifie au ralenti.

5. Le score des composantes

Les juges notent l'ensemble du programme, de 0 à 10, selon trois critères :

  • la composition : la construction du programme et son rapport à la musique ;
  • la présentation : l'interprétation et l'engagement ;
  • les habiletés de patinage : la glisse, la vitesse, la qualité des carres.

Ces notes sont ensuite multipliées par un coefficient, pour peser à peu près autant que la technique.

6. Les déductions

  • Chute : un point retiré, en plus du GOE négatif sur l'élément.
  • Dépassement du temps, costume non conforme, interruption du programme.

7. Pourquoi un patineur qui chute peut gagner

Parce qu'une chute sur un quadruple, dont la rotation est complète, rapporte encore davantage qu'un triple réussi. Le système récompense la prise de risque : un programme très difficile, avec une faute, peut dépasser un programme propre mais plus simple.

8. Le bonus de la seconde moitié

Les sauts placés dans la seconde moitié du programme, quand la fatigue se fait sentir, voient leur valeur de base augmentée de dix pour cent. Leur nombre est limité.

9. Lire l'écran

Pendant le programme, une petite fenêtre affiche le score technique en direct : il monte à chaque élément réussi. À la fin, dans la zone d'attente des notes, s'affichent le score technique, le score des composantes, les déductions, le total du programme, puis le classement provisoire.

Pour savoir ce que vous voyez, lisez reconnaître les sauts.

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