Courses sur piste : couloirs, faux départ et photo-finish
Pourquoi les coureurs ne partent-ils pas sur la même ligne ? Qu'est-ce qu'un faux départ ? Comment départage-t-on deux athlètes au centième ? Les règles des courses sur piste, du coup de pistolet à la ligne d'arrivée.
Une course à pied paraît simple : le premier arrivé a gagné. Sur une piste, quelques règles précises garantissent que tout le monde parcourt la même distance, part au même instant et est classé au centième près.
1. Pourquoi les départs sont-ils décalés ?
Dans un virage, plus on court à l'extérieur, plus le chemin est long : chaque couloir ajoute environ sept mètres par tour par rapport au précédent. Pour que chacun parcoure exactement la même distance, les athlètes des couloirs extérieurs partent plus en avant. C'est ce décalage qui donne l'impression, au départ d'un 200 ou d'un 400 mètres, que certains ont de l'avance. Ils se retrouvent tous à égalité à la sortie du dernier virage.
2. Quelles courses se courent en couloirs ?
- Du 100 au 400 mètres, haies comprises : chacun reste dans son couloir jusqu'à l'arrivée. Mordre la ligne intérieure dans un virage vaut la disqualification.
- Le 800 mètres : départ en couloirs, puis les coureurs peuvent se rabattre à la corde après le premier virage, à une ligne marquée au sol.
- À partir du 1 500 mètres : départ debout, tous ensemble, sur une ligne courbe. La course se dispute en peloton.
3. Qui court dans quel couloir ?
Les couloirs du milieu sont les meilleurs : le virage y est moins serré qu'à la corde, et l'on voit ses adversaires. En finale, ils sont attribués aux athlètes les plus rapides des tours précédents. Le couloir intérieur, au virage le plus serré, et le couloir extérieur, d'où l'on court « à l'aveugle », reviennent aux moins bien classés.
4. Le départ
Jusqu'au 400 mètres, le départ se prend accroupi, les pieds calés dans des starting-blocks. Le starter donne trois signaux :
- « À vos marques » : les athlètes s'installent, mains derrière la ligne, un genou au sol ;
- « Prêts » : ils lèvent le bassin et s'immobilisent ;
- le coup de pistolet.
Au-delà du 400 mètres, le départ se prend debout, sur un seul commandement avant le coup de feu.
5. Le faux départ
Partir avant le coup de pistolet est un faux départ. La règle est sévère : l'athlète fautif est disqualifié immédiatement, dès le premier. Seules les épreuves combinées tolèrent un premier faux départ dans la course.
Des capteurs dans les starting-blocks mesurent le temps de réaction de chaque coureur. Un être humain ne peut pas réagir à un son en moins d'un dixième de seconde : un départ plus rapide que 0,100 seconde est donc considéré comme anticipé, même s'il a eu lieu après le coup de feu. Un second coup de pistolet rappelle alors les coureurs.
6. L'arrivée et la photo-finish
C'est le torse qui compte : ni la tête, ni les bras, ni les jambes. D'où le geste des sprinteurs qui « cassent » le buste sur la ligne.
Une caméra spéciale, placée dans l'axe de la ligne, enregistre plusieurs milliers d'images par seconde : c'est la photo-finish. Les temps sont annoncés au centième de seconde. En cas d'égalité, les juges lisent l'image au millième pour départager les athlètes.
7. Le vent
Un vent dans le dos fait gagner du temps. Sur 100 mètres, 200 mètres, haies hautes, ainsi qu'en longueur et au triple saut, un anémomètre mesure le vent. Au-delà de 2 mètres par seconde de vent favorable, la performance reste valable pour le classement de la course, mais ne peut pas être homologuée comme record.
8. Séries, demi-finales, finale
Dans un grand championnat, on ne court pas qu'une fois. Les séries éliminent une partie des engagés, puis viennent les demi-finales et la finale à huit. On se qualifie « à la place », en finissant dans les premiers de sa course, ou « au temps », parmi les meilleurs battus.
9. Les relais
Le témoin doit être transmis dans une zone de trente mètres tracée au sol. C'est la position du témoin qui compte, pas celle des coureurs. Hors zone, ou si le témoin n'est pas porté jusqu'à l'arrivée, l'équipe est disqualifiée. Un témoin tombé peut être ramassé par celui qui l'a lâché.
10. Les lièvres
Dans les meetings, des coureurs sont engagés pour mener la course à une allure fixée, puis s'écartent : ce sont les lièvres. Ils sont remplacés ou complétés par des lumières qui défilent le long de la corde à l'allure du record visé. Rien de tel dans les championnats, où seule la place compte : les courses y sont plus tactiques, et souvent plus lentes.
Pour la suite, voyez les épreuves de l'athlétisme.