Tennis · Découvrir

Pourquoi compte-t-on 15, 30, 40 au tennis ?

Quinze, trente, quarante, jeu : aucun autre sport ne compte ainsi. L'origine exacte s'est perdue, mais plusieurs explications circulent, toutes venues du jeu de paume. Tour d'horizon, avec l'histoire de « love », de « deuce » et du jeu décisif.

Pourquoi compte-t-on 15, 30, 40 au tennis ?
Photo : Trinity Trees from Eastbourne / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Un point vaut quinze, le deuxième trente, le troisième quarante. Personne n'a jamais trouvé de logique mathématique à cette suite, et pour cause : le tennis l'a héritée telle quelle du jeu de paume, son ancêtre français, où l'on comptait déjà ainsi au Moyen Âge.

1. Ce que l'on sait

Des textes du XVe siècle mentionnent déjà un jeu compté par quinze. À l'origine, la suite était 15, 30, 45, puis le jeu, soit soixante. Le « 45 » est devenu « 40 » avec le temps, sans doute parce que « quarante » se dit plus vite que « quarante-cinq ». Pour le reste, les historiens n'ont que des hypothèses.

2. L'hypothèse de l'horloge

C'est la plus répandue. On aurait marqué les points sur un cadran, en avançant l'aiguille d'un quart à chaque point : 15, 30, 45, et le tour complet pour le jeu. Séduisante, elle a un défaut : les horloges à aiguille des minutes n'étaient pas courantes à l'époque où le comptage est apparu.

3. L'hypothèse du terrain

Au jeu de paume, le joueur qui marquait un point aurait eu le droit d'avancer vers le filet : de quinze pieds, puis de quinze encore, puis de dix seulement pour ne pas se retrouver collé à la corde. D'où 15, 30 et 40.

4. L'hypothèse de la monnaie et du nombre soixante

On jouait à la paume pour de l'argent. Les mises auraient été comptées dans une monnaie dont la pièce valait quinze sous. Plus largement, le nombre soixante servait de base à bien des comptes au Moyen Âge, comme il sert encore pour les minutes et les secondes : diviser un jeu de soixante en quatre points de quinze allait de soi.

5. Pourquoi dit-on « love » pour zéro ?

En anglais, zéro se dit love. Deux explications s'opposent :

  • la plus connue : une déformation du français « l'œuf », dont la forme rappelle le zéro ;
  • la plus probable selon les linguistes : l'expression anglaise « jouer pour l'amour », c'est-à-dire pour rien, sans mise.

6. « Deuce » et l'avantage

À quarante partout, il faut deux points d'écart pour gagner le jeu. Les Anglais disent deuce, du français « à deux » : il reste deux points à marquer. Le français, lui, dit simplement « égalité », puis « avantage ».

Le mot tennis lui-même viendrait de « tenez ! », que le serveur lançait à son adversaire au jeu de paume.

7. Le jeu décisif, une invention récente

Pendant longtemps, il fallait gagner chaque manche avec deux jeux d'écart, et certaines n'en finissaient pas. Le jeu décisif, ou tie-break, a été imaginé dans les années 1960 par l'Américain James Van Alen, puis adopté par les grands tournois dans les années 1970. On y compte enfin de façon naturelle : un, deux, trois… jusqu'à sept, avec deux points d'écart.

8. Et aujourd'hui ?

Le comptage n'a presque pas bougé depuis cinq siècles. Les seules nouveautés visent à raccourcir les matches : le point décisif à quarante partout, utilisé en double, et le super jeu décisif en dix points à la place de la dernière manche.

Pour le détail des règles actuelles, voyez notre article sur le comptage des points au tennis.

À lire aussi

Pour aller plus loin

Tous les articles