Faire une belle trace en ski de randonnée
Une bonne trace de montée est régulière, peu raide, économe en conversions et placée aux bons endroits. C'est un savoir-faire de montagnard autant qu'une question de sécurité. Les principes pour tracer proprement.
Faire la trace, c'est ouvrir le chemin dans la neige fraîche pour ceux qui suivent. Celui qui trace choisit la pente, le rythme et l'itinéraire de tout le groupe. Une belle trace se reconnaît de loin : elle monte sans à-coups, épouse le relief et paraît évidente.
1. Une pente régulière
C'est la première qualité. Une trace dont la pente change sans cesse casse le rythme et fatigue. Choisissez une inclinaison et tenez-la : le souffle se cale, le pas devient régulier et le groupe reste groupé.
2. Pas trop raide
L'erreur du débutant, et du skieur en forme, est de monter droit dans la pente. Une trace trop raide :
- fait reculer les peaux, surtout pour ceux qui suivent sur une neige déjà lissée ;
- impose de monter sur les cales les plus hautes et de forcer sur les bras ;
- épuise les moins entraînés du groupe.
Une bonne trace se monte sans cale ou avec la cale intermédiaire, et permet de parler en marchant. On gagne plus de temps avec une trace douce et continue qu'avec une trace raide entrecoupée de pauses. Tracez pour le moins fort du groupe, pas pour vous.
3. Lire le terrain
La belle trace utilise le relief au lieu de le combattre :
- elle suit les croupes, les replats et les banquettes naturelles ;
- elle contourne les ressauts plutôt que de les attaquer de face ;
- elle évite les dévers prolongés, pénibles pour les chevilles et précaires sur neige dure ;
- elle anticipe : on lève la tête et on vise un point loin devant, pas la spatule de ses skis.
4. Le moins de conversions possible
Chaque conversion coûte du temps et de l'énergie. On en limite le nombre par de longues traversées, et on les place avec soin :
- sur un replat ou une zone moins raide, jamais au plus fort de la pente ;
- à un endroit où une glissade serait sans conséquence, loin d'une barre ou d'un trou ;
- en aplatissant la trace sur le dernier mètre, pour que les skis soient presque à l'horizontale au moment de tourner.
Dans une pente modérée, on tourne sans s'arrêter, par un simple virage en pas tournants. La technique est détaillée dans notre article sur la montée et la conversion.
5. La trace la plus sûre avant la plus courte
Tracer, c'est d'abord choisir où l'on passe. Par neige instable, la trace :
- reste sur les croupes et les pentes les moins raides, et évite les pentes de plus de 30 degrés ;
- se tient à l'écart des combes et du pied des grandes pentes, où une coulée viendrait s'accumuler ;
- évite les plaques formées par le vent, sous les crêtes et dans les ruptures de pente ;
- ne passe pas sous une corniche.
Dans un passage exposé, on s'espace ou l'on passe un par un, d'un point sûr à un autre. Les bases sont rappelées dans notre article sur la sécurité et le risque d'avalanche.
6. Se relayer
Dans la neige profonde, tracer demande beaucoup plus d'effort que suivre. On se relaie : le premier s'écarte d'un pas, laisse passer le groupe et reprend la file en dernier. Un relais toutes les dix à quinze minutes garde tout le monde frais.
7. Ne pas suivre une mauvaise trace
Une trace existante n'est pas une garantie. Elle a peut-être été faite la veille, par d'autres conditions, par quelqu'un de pressé ou de moins prudent. Si elle est trop raide ou mal placée, faites la vôtre.
8. Respecter la trace des autres
- À pied ou en raquettes, on marche à côté de la trace de ski : les trous la rendent impraticable.
- À la descente, on ne skie pas dans la trace de montée, et on ne la coupe pas sans nécessité.
- On ne s'arrête pas au milieu : on s'écarte pour laisser passer.
Laisser une belle trace derrière soi, c'est un service rendu à tous ceux qui monteront après.